Un Fort du système de défense Séré de Rivières

Construit en deux années seulement, de 1878 à 1880, le Fort de Mons-en-Barœul fait partie du système de défense élaboré par le général Séré de Rivières suite à la défaite de 1870. Devenu inutile suite à la mise au point de nouveaux explosifs 5 ans seulement après sa réalisation, il sera toutefois le siège d'unités de transmission, dont la plus étonnante sera celle d'une section colombophile avant de servir durant la guerre d'Indochine. Entre temps il aura connu des périodes d'occupation allemande à chacune des deux guerres mondiales, après avoir été déclassé 48 heures avant la déclaration de la première ! Resté intact, car non bétonné comme beaucoup d'autres fortifications, et magnifiquement remis en valeur avec un centre socio-culturel, c'est un exemple unique qui présente un intérêt architectural, historique et patrimonial exceptionnel.

Colombophilie




Une unité colombophile

Le Fort de Mons-en-Barœul a accueilli pendant très longtemps des unités de transmission, et parmi celles-ci un régiment colombophile. 

Par la suite, le Fort fut utilisé durant la guerre d'Indochine pour les communications avec cette zone, avec des moyens plus modernes.





Extrait de l'ouvrage la guerre 14-18 à Mons-en-Barœul édité par Eugénies


L'araba était un pigeonnier mobile. 
On le voit sur certains documents au Fort de Mons-en-Barœul, comme ci-dessous


On est dans l'enceinte du Fort de Mons-en-Barœul, face à la rue Chanzy. Le véhicule appartient au régiment colombophile du Fort, il s'agit d'un pigeonnier mobile connu sous le nom d'araba. Le café Tytgat est visible sur la gauche de ce cliché et un autre estaminet celui des Blés d'Or, de Louis Vérez, qui deviendra l'imprimerie Vanhée, se situe à droite. Dans l'angle supérieur droit un groupe de pigeons vient de s'envoler. Au lointain on devine le village de Mons-en-Barœul, avec le clocher de l'église Saint Pierre.


Sur cet autre cliché, où apparaît au premier plan Germaine Tytgat, déguisée en militaire, on remarque surtout deux pigeonniers posés sur des tréteaux.

Le monument au pigeon voyageur à Lille





Le Groupement Régional d'Exploitation des Transmissions (GRET 806)

Après la période colombophile le Fort de Mons-en-Barœul continua d'avoir un rôle dans les transmissions avec des moyens plus modernes. Ce fut le cas pendant la guerre d'Indochine puis durant celle d'Algérie.


A l'extérieur du Fort, un hangar avait été construit. C'est l'actuelle salle des fêtes du Fort. Ce lieu servait au stockage du matériel de transmissions.

Les soldats venaient faire une formation durant 3 mois d'apprentissage, à l'époque c'était le GRET 806, avant de partir en Algérie, dès l'acquisition du brevet.
Les communications se faisaient en morse et était parfois chiffrée pour les messages confidentiels. Chaque jour des échanges se faisaient avec le Mont Valérien, même sans signification (ce pouvait être une page du Larrouse) ne serait-ce que comme entraînement.

Les hommes qui étaient aux environs d'une cinquantaine logeaient dans les chambrées de la cour centrale, à l'étage du côté nord. Le matériel était stocké sous les voûtes des passages vers les cours latérales qui n'étaient pas utilisées.

Il y avait un GRET par région militaire, composé de deux compagnies fixe et mobile et d'un service d'infrastructure. Il avait pour missions d'installer et exploiter les moyens de transmissions de la composante fixe ou de l'infrastructure. Il avait aussi pour vocation de mettre en œuvre les matériels de transmissions de campagne au profit des réseaux mobiles du commandement régional. Il instruisait également le personnel radio, du Chiffre des corps de troupe.



Ce cliché a été pris au moment où un soldat vient apporter le grain aux pigeons. On dénombre une vingtaine de volatiles sur cet arabe mobile.

Une unité colombophile persiste 

Article paru dans La Voix du Nord du vendredi 9 juin 2017